Question écrite publiée au JO le 06/07/2010

M. Alain Bocquet attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur les préoccupations que suscitent les dispositions avancées par le Gouvernement au sujet des centres d’information et d’orientation et des missions des conseillers d’orientation-psychologues. Une pétition en cours dénonce « le démantèlement de l’orientation scolaire » et rappelle que l’orientation est d’abord « une contribution à la réussite scolaire ». C’est pourquoi elle rejette en bloc des mesures qui visent l’extinction des conseillers d’orientation-psychologues ; une orientation définie en dehors des besoins des élèves ; l’ouverture d’un « marché » de l’orientation scolaire au secteur privé ; la dilution de l’orientation scolaire dans un « service public d’orientation tout au long de la vie » et dans un service dématérialisé. On ne règlera pas les questions de l’information et de l’orientation des jeunes avec une plate-forme téléphonique et un numéro vert ! Dans une déclaration commune les syndicats dénoncent une « transformation en profondeur du métier et de l’organisation des CIO […] dont tous les élèves, en particulier ceux du milieu populaire, feront les frais ». Le SNES-FSU dans un courrier récent au ministère de l’éducation nationale, au sujet de la circulaire de rentrée 2010 où l’orientation occupe une place centrale, relève que « l’intervention des conseillers d’orientation-psychologues n’est évoquée qu’au détour d’une phrase ». Pas un mot sur les entretiens individuels de conseil et de suivi des élèves ; pas un mot sur le travail auprès des jeunes handicapés ; pas un mot sur l’action au sein des équipes pluri-professionnelles en lutte contre le décrochage scolaire Le travail de sape du réseau des CIO se traduit dans toutes les académies par des postes nombreux laissés vacants, l’absence de remplacement de différents congés, des fermetures de CIO Les professionnels concernés condamnent à juste titre le fait que le recrutement des conseillers ait été divisé par 5 pour la quatrième année consécutive. Ils militent pour un service public d’orientation, dans l’éducation nationale. Un service public organisé au sein d’un réseau de CIO, doté de moyens à hauteur des enjeux et de conseillers d’orientation-psychologues plus nombreux. Car les besoins sont considérables quand on sait qu’un conseiller est en charge, en moyenne, de 1 200 élèves, sans compter le secteur universitaire. Plus de 80 % des élèves de 3ème ; plus de 60 % des élèves de seconde et de terminale sont reçus par les conseillers d’orientation. Et s’ajoutent à cela les missions bénéficiant à des salariés, des demandeurs d’emploi, des personnes en quête d’information sur la validation des acquis de l’expérience (VAE). Dans l’académie de Lille, on recensait en 2008 à peine 263 postes pour un effectif de 280.267 élèves du second degré et plus de 680 établissements. « Pour la prochaine rentrée, soulignent les syndicats départementaux, une quarantaine de postes ne trouveront pas de titulaires ». Nouvelle dégradation par conséquent avec 223 conseillers pour un effectif scolaire d’au moins 265 000 élèves. Et charge accrue de responsabilité et de travail que ne permettra pas d’assumer l’embauche de contractuels « bénéficiant » de quatre jours de formation sur l’orientation. Tels sont donc quelques uns des aspects essentiels, nationaux et locaux, d’une question majeure, celle de l’information et de l’orientation des élèves, à l’heure où la crise renforcée par les choix gouvernementaux mis en oeuvre, pèse sur les jeunes, les familles, mais aussi le service public et ses missions. Des mobilisations légitimes sont en cours pour l’abandon des dispositifs envisagés et le renforcement des moyens des CIO. Tenant compte de ces éléments, il lui demande les prolongements que le Gouvernement entend donner à ces attentes et pour le maintien des missions de service public des CIO.

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