Monsieur le Premier Ministre,

Samedi 7 novembre, à l’initiative de l’intersyndicale des cheminots de la gare de triage de Somain (Nord), personnels, élus territoriaux et population vont participer à une manifestation dénonçant le risque de fermeture du site et la suppression de 400 emplois.

Cette perspective est directement liée aux orientations mises en œuvre par la direction de la SNCF, avec l’aval du gouvernement : abandon de l’activité du wagon isolé notamment, contradictoire avec l’objectif « d’une croissance du fret non routier et non aérien de 25 % à l’horizon 2012, par rapport à 2006 », ainsi que nous vous le rappelions dans un courrier en date du 10 septembre.

Des propositions ont été élaborées et rendues publiques par les fédérations syndicales sur ces enjeux, tenant compte à la fois de leur dimension économique et financière, mais aussi des conséquences environnementales.

Que reste-t-il, en effet, des perspectives que dessine le Grenelle de l’environnement quand la SNCF est laissée libre d’arrêter l’activité wagon isolé, et de jeter sur les routes 1.500.000 camions supplémentaires sur la période 2010-2011.

La presse rappelait récemment que votre gouvernement a promis un engagement national pour le fret à hauteur de 7 milliards d’euros. Mais ainsi que le souligne le mouvement syndical « les financements ne sont pas réunis et la réalisation d’un certain nombre de projets est à l’horizon 2015, 2020, 2025 ». C’est au contraire maintenant et sans attendre qu’il faut prendre des décisions et les traduire en actes favorables à l’économie, à l’emploi et au développement durable.

Les personnels cheminots de Somain et leurs organisations posent à juste titre la question de savoir « comment on peut demander aux contribuables de payer une taxe dite « carbone » quand, dans le même temps, on favorise le tout routier ? ».

Et quel gâchis, là encore, de fonds publics, lorsque l’inertie de l’Etat – actionnaire de la SNCF – conduit à cautionner la fermeture du triage de Somain alors que s’achèvent à peine des travaux qui ont nécessité des millions d’euros.

L’exigence portée par l’ensemble des forces vives mobilisées et qui s’exprimeront demain avec force sur le terrain, est simple : il faut sauver le fret et sauver le triage de Somain.

Les initiatives de luttes engagées de longue date ont permis d’obtenir qu’une délégation soit reçue par Monsieur Dominique BUSSEREAU, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, le 26 novembre prochain avec Jean-Jacques CANDELIER.

Mais la gravité de la situation dans un bassin d’emploi et une région Nord – Pas-de-Calais durement frappés par la crise, nécessite que vous interveniez personnellement dans cette affaire pour que soient prises toutes les initiatives permettant l’arrêt des politiques de casse impulsées par la SNCF.

Monsieur le Premier Ministre, il vous appartient d’entendre la colère, l’opposition et les exigences que ces choix suscitent.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre haute considération.

Alain BOCQUET et Jean-Jacques CANDELIER

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