Les manifestations commémoratives du 60ème anniversaire de l’OTAN qui se déroulent en France et en Allemagne, sont porteuses d’une vraie interrogation pour les peuples et pour le monde.

L’Histoire en témoigne. Le renforcement de la puissance militaire des Etats, l’accumulation d’armes de destruction massive, les stratégies de guerres préventives telles que les Etats-Unis en imposent en Irak ou en Afghanistan : tout cela fragilise ou réduit parfois à néant les efforts déployés pour établir une Paix juste et durable entre les nations et dans le monde.

La Paix exige des Etats qu’ils agissent pour la sécurité internationale : l’élimination des stocks d’armements dont les armes nucléaires, l’instauration d’un contrôle public, national et international des ventes d’armes, la maîtrise publique des industries d’armement trop souvent liées à des intérêts privés.

La Paix exige de promouvoir le règlement politique des conflits. Elle a besoin d’Institutions internationales fortes, reconnues et respectées de tous à commencer par les plus grandes puissances. Et elle est indispensable à la fraternité des peuples par la mise en œuvre d’un véritable multilatéralisme et de coopérations avantageuses pour les pays du Nord et du Sud.

La Paix est donc toujours à conquérir, à construire et à protéger. Elle ne peut exister sans que s’affirment la vigilance et la volonté des individus et des peuples. Et c’est pourquoi elle est à notre portée puisqu’elle dépend de chacun d’entre nous.

Hommes et femmes de progrès, toutes celles, tous ceux qui, dans la diversité de leurs opinions, partagent l’aspiration à vivre en paix dans le village « Terre », peuvent en se rassemblant, obtenir des avancées décisives.

Dans cette perspective, la France devrait jouer un rôle majeur au sein de l’Union européenne, auprès des grandes puissances et à l’ONU.

Elle en a la stature, pourtant gâchée aujourd’hui par le choix de Nicolas Sarkozy de réintégrer l’organisation militaire de l’OTAN alors qu’il faudrait le dissoudre.

La France a-t-elle vocation à rentrer dans le rang, à laisser sa sécurité dépendre de décisions prises ailleurs, et à compromettre son indépendance en acceptant que sa voix soit affaiblie par sa dilution dans l’Alliance atlantique ?

La réponse est NON, pour deux raisons majeures.

La première c’est l’écoute dont dispose notre pays dans le monde. Cette force, il est essentiel de ne pas la perdre dans l’allégeance à l’OTAN, et de la mettre au contraire, au service de la Paix, face aux difficultés et aux tensions de l’heure.

La seconde, c’est que plus une occasion ne doit être négligée, d’exiger l’établissement d’un nouveau système de sécurité collective, indispensable à l’émancipation progressive de l’humanité tout entière.

Souvenons-nous de l’appel de Jean Jaurès, dont on fête le 150ième anniversaire de la naissance en 2009 : la société « violente et chaotique » dans laquelle nous vivons « porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. »

Dire NON à l’alignement de la France dans l’OTAN, comme le feront samedi 4 avril à Strasbourg, les participants à la manifestation organisée à l’initiative de plus de 50 associations, c’est proclamer que la Paix est l’aspiration majoritaire des peuples ; c’est réaffirmer qu’elle est plus que jamais, la responsabilité de chacun d’entre nous, l’affaire de tous.

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