ASSEMBLEE NATIONALE - Séance des Questions Orales - Mardi 8 Avril 2008
8 avril 2008
Thèmes: Education Nationale, 20ème circonscription du Nord, Saint-Amand-les-Eaux, Questions orales, Questions d'actualité au Gouvernement, Nord-pas-de-Calais
Intervention d’Alain BOCQUET, Député du Nord,
Porte-parole des Député-e-s Communistes et Républicains
Réponse de Monsieur le Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale
PERSONNEL DU LYCÉE COUTEAUX DE SAINT-AMAND-LES-EAUX (NORD)
M. Alain Bocquet – Le 4 septembre 2007, dans sa lettre aux éducateurs, le Président de la République réaffirmait sa volonté de faire de l’éducation l’une des priorités de son quinquennat. Sept mois plus tard, il est manifeste que cette promesse ne sera pas tenue. En témoigne la suppression de 11 000 postes pour la rentrée 2008 – et de 80 000 postes au total, dit-on, avant 2012 –, à laquelle s’opposent syndicats et personnels, qui revendiquent au contraire une augmentation des moyens, le retrait de la réforme portant à trois ans la durée de la préparation au baccalauréat professionnel, une revalorisation des salaires et l’ouverture de négociations sur le métier et le statut.
Ainsi, au lycée d’État Ernest Couteaux de Saint-Amand-les-Eaux, enseignants et parents d’élèves redoutent une « rentrée catastrophe ». Seul lycée public d’enseignement général et technologique de l’Amandinois, cet établissement est menacé de perdre à la rentrée l’équivalent de 14 postes, soit une réduction de 14,3 % pour 68 élèves en moins. La baisse de la démographie ne justifie pas tout ! En l’état, des options vont disparaître et le lycée perdra huit divisions, dont deux classes de seconde. C’est intolérable. En effet, la polyvalence des enseignements – que le lycée Couteaux fut un des premiers à mettre en place – est un atout majeur pour répondre aux besoins de formation de l’Amandinois. Et ensuite, quel mépris pour les efforts accomplis ! Il faudrait au contraire conforter les résultats obtenus en lui attribuant un bac pro électrotechnique, un bac pro structures métalliques et un BTS réalisation d’ouvrages chaudronnés. Ces formations, ajoutées au BTS électrotechnique qui existe déjà, correspondent en effet au bassin d’emploi, qui compte 4 225 emplois dans l’industrie de transformation métallurgique – on vient des chantiers de Saint-Nazaire pour trouver ici des gens formés ! – et une importante industrie ferroviaire, autour d’Alstom, de Bombardier et du pôle de compétitivité « i-Trans ».
Chacun redoute que l’existence même du lycée Couteaux soit désormais menacée. Il remplit pourtant une triple mission pour la formation des jeunes, jusqu’au niveau bac + 2, leur insertion professionnelle, avec de vraies possibilités d’embauche, et leur ouverture sur la société et le monde. D’importants investissements ont été réalisés par la région et la ville, d’autres vont suivre. Comment comptez-vous pérenniser ces acquis ? Les suppressions de postes seront-elles être annulées ? L’offre de formations va-t-elle être renforcée ?
M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale – La préparation de la rentrée scolaire 2008 dans l’académie de Lille s’effectue dans un contexte de baisse importante de la démographie scolaire, qui touche principalement les lycées généraux et technologiques : ils compteront 3 200 élèves de moins qu’à la rentrée 2007 – et encore les prévisions des établissements sont-elles toujours optimistes ! Le lycée Ernest Couteaux de Saint-Amand-les-Eaux comptait 1 021 élèves à la rentrée 2002 et 780 cette année, soit une diminution de près d’un quart. Malgré une différence de 108 élèves entre les prévisions et les jeunes réellement inscrits, les moyens d’enseignement n’ont pas été réajustés en 2007. Il faut bien répercuter cette baisse à la rentrée 2008 ! Ce qui entraînera bien sûr une diminution du nombre de classes – permettant d’en ouvrir là où les effectifs augmentent. Ainsi, à la rentrée 2008, l’établissement compterait six classes de seconde, six de première et huit et demi de terminale, pour une moyenne comprise entre 28 et 30 élèves par classe. La diminution du nombre d’emplois n’est en fait que de 14 %, contre 19,8 % pour les effectifs.
Les filières de l’établissement – BEP, baccalauréat technologique et BTS du champ de l’électrotechnique et des structures métalliques – sont reconnues et contribuent au maillage des formations dans le bassin du Valenciennois. Nous voulons donc les conforter. Actuellement, les jeunes engagés dans les formations conduisant au BEP peuvent poursuivre leurs études au sein des classes de première technologique. Nous envisageons la transformation de ces sections en baccalauréat professionnel en trois ans pour la rentrée 2009, à la suite de la phase d’expérimentation qui a cours cette année. Quoi qu’il en soit, l’offre du lycée Ernest Couteaux ne sera pas en diminution à la rentrée prochaine.
M. Alain Bocquet – Vos statistiques glacées, Monsieur le ministre, ne peuvent pas rendre compte de la réalité. Et celle-ci est bien différente selon qu’on fréquente le lycée Henri IV ou qu’on subit la crise de la sidérurgie dans le Valenciennois. Je vous invite à venir vous en rendre compte à Saint-Amand-les-Eaux. Vous serez le bienvenu chez les Ch’tis, où vous verrez une situation tout autre que celle décrite par l’administration. Les parents, les élèves, le personnel vous expliqueront la nécessité du développement du lycée, car les besoins de formation professionnelle de l’arrondissement sont énormes. Les chefs d’entreprise ne trouvent personne pour occuper leurs postes ! Nous ne pouvons donc pas être d’accord avec votre vision étriquée, sectaire, comptable. Je n’en resterai pas là : le conseil municipal de Saint-Amand a déjà délibéré, les communes voisines vont faire de même. Nous engagerons une campagne publique, avec un soutien populaire, pour faire entendre notre droit. Je regrette que vous vous soyez contenté de cette réponse, mais j’espère que vous répondrez à notre invitation et que le débat s’engagera plus largement.
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